Club Solaire du 6 décembre 2012

 

Rencontre qualité des ballons d'eau chaude solaire
Le 6 décembre 2012 s'est tenue au siège de la CMA sous l'impulsion de l'ADEME une première réunion technique sur le thème de la qualité des ballons d'eau chaude solaire avec la participation de M Cheutin et M Moreau du CSTB.
 Les participants : David Amiel et Chan-Chit-Sang Anthony(SOLAMI), Thibault Rebelle (SIDR), Gildas Poulaye (SEMAC), Frédéric Commins (EDF), Didier Guillaume (GIP-GERRI), Priscilla Payet (TEMERGIE), Florian Bernard (TECSOL), Jean Patrice Clain (SPLAR), Yan Rivière (SARL GAIA et syndicat SORUN), Le Pape Roger (RUN RENOVATION), Yohann Meurant (SUNZIL), Frédéric Lanoë (TRANSENERGIE), Patrice Jullian (CONSEIL GENERAL -Direction Bâtiment et Espaces Publics), Vidal William (I.D. PLOMBERIE),Cuignet Bruno (ISOFLU), Antoine Matillon et Jimmy Grondin (GROUPE DIJOUX), Hoareau Lino (SOLAR PROD OUTRE MER), James Clain (GIORDANO), Jacky Payet (TF MULTISERVICES), Didier Souchet et Olivier Amavassy (STE ENERGIE EVOLUTION), Eric Espel (CCBA), Benoît Truong (ADEME), Bertrand Lajus (SOLETECH ENERGIE NOUVELLE), Roxane Loge (ADIR), Rémy Durand (REGION -Direction Énergie Climat)
 
DOCUMENTS DE REFERENCE (téléchargeables)
RTAADOM et le solaire ; Bilan des aides au solaire collectif Guide de rédaction du cahier des charges techniques de consultation à destination du Maître d’Ouvrage et Maître d’Œuvre ; projet de norme NF EN 12977; Offre de formation de l'URMA Est
 
Introduction : Après l'accueil par l'élu M Haroun Gany, M. Alçay Mourouvaye directeur du CIRBAT a présenté l'URMA et le CIRBAT. Il a rappelé l'intérêt d'un Club technique solaire temps d'échange entre les acteurs au service de la qualité.
M Jean-François Cousin de l'Ademe a présenté la RTAADOM det bilan des aides ADEME au solaire collectif :RTAADOM et le solaire ; Bilan des aides au solaire collectif
Le "Club technique Solaire" (ADEME)
L’objectif du Club technique solaire est de réunir les bureaux d’études, les bailleurs sociaux, les entreprises solaires, et autres acteurs du solaire autour de thèmes choisis sur des problématiques dans le domaine du solaire thermique. Une fréquence de 4 à 5 réunions techniques par an et une première réunion en avril 2013 a été proposée .
Ce club solaire n'a pas vocation à régler tous les problèmes mais propose:

  • un temps d'échanges entre les différents professionnels (entreprises, BE, bailleurs...)
  • avec le partage d'une expertise sur une problématique technique nouvelle à chaque rencontre
  • dans le but de promouvoir la qualité

RTAA DOM et fin des aides : les impacts sur la qualité (ADEME)
Une fiche d'application de la RTAA DOM sur l’eau chaude solaire datant de novembre 2011 est disponible sur le site du ministère du développement durable. Cette fiche indique que toute installation de production d’eau chaude solaire devra obligatoirement couvrir au moins 50% des besoins en eau chaude. Il est évident que ces 50% n'est pas à considérer comme l’unique objectif à atteindre mais qu’il s'agit bien d’un « minimum » donc attention aux mauvaises interprétations. Néanmoins, il existe des levées d’obligations délivrées par un installateur dans certains cas où il n’est pas possible de couvrir ces 50% (masques, manque de place).

  • « Tout CES devra obligatoirement couvrir au moins 50% des besoins en eau chaude. »
  • ATTENTION Atteindre 50% : à entendre comme un « minimum ».
  • Sinon les 50 autres % seront fournis par l’appoint électrique !
  • Économiquement, couvrir seulement que 50% des besoins n'est pas intéressant au vue du gisement solaire abondant à la Réunion !

La levée de l'obligation encadrée :
Les cas où l'on est libéré de l'obligation de poser un CES sont les suivants :
 

  • gisement < 1000 KWh/an / m². Ce cas n'existe pas à la Réunion
  • du masque du matin et/ou du soir liés au relief (exemple montagne)
  • de masques du fait de la végétation ou d’autres bâtiments

 
Les aides financières de l’ADEME et de la Région se sont estompées pour les logements sociaux neufs dont le permis de construire est postérieur au 30 avril 2010. En effet, depuis l’application de la RTAA DOM, toute construction neuve doit obligatoirement s’équiper d’une production d’eau chaude solaire.
 Il est légitime de s’interroger de l’impact sur la qualité, de la RTAA DOM et de la diminution des aides alors que la motivation du propriétaire n’est pas toujours présente. Cette situation peut induire des dérives au détriment de la qualité.
A titre d’exemple, les BET et les bailleurs sociaux ont listé (non exhaustivement) des problèmes rencontrés sur le collectif individualisé comme :

  • problèmes de fuites
  • problèmes de percement de ballons
  • indisponibilité des pièces
  • usure précoce
  • problème de conception des ballons
    • utilisation de ballons électriques qui ne sont pas adaptés en solaire
    • des tôles inox trop minces
  • parfois 80% des ballons à changer sur une installation de moins de 5 ans !
  • des problèmes de matériels mais aussi de pose
  • des erreurs possibles à chaque étape, lors de la mise en service ...

Choix entre les produits certifiés SolarKeymark et CSTBat
La certification CSTBat constate la conformité du produit à la définition donnée dans l’avis technique. Elle donne des règles de mise en œuvre et peut prendre en compte des spécificités locales. Au contraire de la certification SolarKeymark qui est une certification « produit » a des normes européennes et ne vise pas la mise en œuvre. Un fabriquant européen qui ne vise pas spécifiquement le marché français préférera la certification européenne « SolarKeymark » par rapport à la certification CSTBat.
Le retour d’expérience du syndicat du solaire SORUN nous fait part que beaucoup d'investissement ont été consentis pour faire passer des tests supplémentaires d'arrachement réalisés localement par SOCOTEC et VERITAS à du matériel certifié SolarKeymark. Bien que cette démarche soit exemplaire, il souligne qu’il est compliqué localement d’obtenir une décennale.
Un bureau d’étude (ISOFLU) indique que « pour obtenir une assurance professionnelle, nous, BE devons forcément faire poser du matériel dont l’avis technique a la certification CSTBat sinon nous ne sommes pas couverts ». M. Franck CHEUTIN du CSTB a répondu que c’est l'assurance qui choisit ses propres modalités concernant le choix de la certification du matériel. Au besoin l'AQC (Agence Qualité Construction) peut intervenir à cette demande auprès de l’assureur.
 
Comment obtenir de la qualité dans les marchés ?
M. Franck CHEUTIN du CSTB cite 2 aspects : s’assurer que l’entreprise respecte la réglementation en vigueur et d’avoir son propre cahier des charges à imposer à l’entreprise et contrôler la mise en œuvre. Il ne faut pas exclure d’office une certification européenne dans le marché mais il faut vérifier tous les aspects de la réglementation. *
Le syndicat solaire souligne qu’il faudrait remettre en question ceux qui prennent les moins disant dans les offres.
L’ADIR a présenté la certification Géocert dont les critères sont adaptés au milieu tropical. Cette certification peut agir comme un levier de qualité « produit ». Les marques « produits » s’accompagnent d’un guide de pose.
Il existe un projet de normes (en cours de dépouillement), disponible sur le site de l’AFNOR, concernant les installations solaires thermiques et leurs composants : il s’agit de la norme NF EN 12977. Cette norme est en 5 parties qui sont les suivantes :

  • NF EN 12977-1 : exigences générales pour chauffe-eau solaires et installations solaires combinées
  • NF EN 12977-2 : méthodes d’essai pour chauffe-eau solaires et installations solaires combinées
  • NF EN 12977-3 : méthodes d’essai des performances des dispositifs de stockage des installations de chauffage solaire de l’eau
  • NF EN 12977-4 : méthodes d’essai de performances des dispositifs de stockage combinés pour les installations de chauffage solaires
  • NF EN 12977-5 : méthodes d’essai de performances des systèmes de régulation

A noter : les DTU concernent les produits dits traditionnels, classiques.
L'avis technique et la certification se font sur les produits dits innovants comme le chauffe-eau solaire. Aujourd’hui il n'y pas de DTU sur le solaire car les fabricants ne sont pas mis d'accord. C'est donc l'avis technique qui fait foi pour attester des performances techniques et réglementaires du produit ou système.
 Proposition de nouveaux outils :
M. Franck CHEUTIN du CSTB a évoqué la possibilité de réaliser un guide de suivi et d’un guide de dimensionnement avec le choix d'un logiciel de dimensionnement de référence pour la Réunion qui prendrait en compte les masques. En effet, le logiciel SOLO est largement utilisé actuellement par les BET réunionnais en raison de sa gratuité et de sa facilité d’utilisation mais il n’est pas adapté pour le collectif. Néanmoins, ce dernier reste opérationnel pour comparer 2 systèmes.
M. Franck CHEUTIN fait remarquer qu’il existe un guide de dimensionnement des installations collectives individualisées qu’il serait intéressant d’adapter pour la Réunion : « Guide de rédaction du cahier des charges techniques de consultation à destination du Maître d’Ouvrage et Maître d’Œuvre ».
Conclusion :
Le thème de la qualité a été largement évoqué lors de cette réunion. Il existe une norme en projet concernant les installations solaires thermiques et leurs composants : la norme NF EN 12977. Du côté des certifications, la certification CSTBat constate la conformité du produit à la définition donnée dans l’avis technique et donne des règles de mise en œuvre. Alors que la certification SolarKeymark est une certification « produit » à des normes européennes et ne vise pas la mise en œuvre. Il faut donc, dans ce dernier cas, vérifier tous les aspects de la réglementation en vigueur et demander des précautions supplémentaires.
Le Club technique solaire est lancé ! Une proposition de mise en place effective du Club technique solaire a été faite par M. Alçay MOUROUVAYE, directeur du CIRBAT, avec 4 à 5 réunions techniques par an avec une première réunion en avril 2013. Les thèmes seront choisis en fonction des grandes problématiques qui se posent dans le domaine.
 
Le débat à chaud, citations
Sur l'incitation à la qualité
Ademe « Les moyens coercitifs pour imposer la qualité sont réduits surtout depuis la fin des aides ADEME pour les CES dans le neuf pour les opérations dont le permis de construire est postérieur au 30 avril 2010 (il n'y a pas d'aide financière sur quelque chose d'obligatoire). Seul levier possible : un dialogue entre MO, entreprises, BE et concepteurs. »
SORUN « Comment changer la loi ? Les propositions faites lors des réunions organisées par la DEAL n'ont pas permis de faire bouger la RTAA. Quel levier pour imposer autre chose que la loi (i.e. la qualité) ? »
Ademe « à défaut de changer les décrets, la fiche d'application eau chaude solaire peut sans doute faire l'objet de modifications. »
SIDR sur la chaîne de sélection d'une offre. « Le bailleur établit ses exigences techniques sur un produit (conception du ballon, choix du métal...). L'entreprise qui répond doit répondre en conformité à ce cahier des charges. Le BE solaire valide la conformité de l'offre de l'entreprise au cahier des charges de consultation. Et il y a une étape de vérification sur chantier. Sur les aspects de coûts c'est à l'appréciation de la maîtrise d'œuvre. »
SOLAMI sur la performance de l'échangeur : « Sur chantier les contrôles administratifs et visuels seulement ne suffisent pas à évincer une entreprise se positionnant beaucoup moins cher avec du matériel peu performant. C'est l'exemple de l'échangeur dont la performance est un critère trop souvent oublié. »
M Moreau du CSTB sur la tuyauterie : « Certains produits sont limités à 60° or avec le solaire on monte à 80-100° voire plus. Pourquoi ne pas intégrer des applications solaires aux certifications de tuyauterie. Localement utilisation uniquement du cuivre et de l'inox ce qui renchérit les installations alors que d'autres matériaux sont recevables  (Le multicouche mais pas PVCc ni le PER)
Pistes envisagées : Géocert ; Un logiciel Réunion de référence pour le dimensionnement; Adaptation d’un guide des règles de l'art dans le collectif pour la Réunion; De la formation pour une mise en œuvre de qualité ; Certification de nouvelles tuyauteries pour le solaire ; Propositions d'amendement à la fiche d'application solaire RTAADOM du ministère du développement durable.