Les espèces à la Réunion

Le contexte local

 
L’étude des termites de La Réunion est très récente et cela en dépit de l’impact que ces insectes peuvent avoir en milieu urbain. En effet, le premier inventaire a eu lieu en 1996 et avant cela aucune information n’était disponible à leur sujet. De par sa localisation, l’île est un paradis pour ces insectes tropicaux.
 
Douze espèces sont recensées sur l’île et plusieurs d’entre elles sont qualifiées de nuisibles et causent des dégâts importants en milieu urbain et dans les espaces verts. de par leur comportement et leur biologie, ces insectes sociaux sont difficiles à détecter. Pour les repérer, il faut avoir une bonne connaissance de leur biologie et des indices qu’ils laissent mais aussi des connaissances dans le domaine du bâtiment. De ce fait, lorsqu’une infestation est finalement repérée, il est bien souvent trop tard et les dégâts occasionnés sont irréparables. De plus, les termites ont eu le temps d’infester une grande partie de l’habitation et de se disperser dans la zone au fil des années par essaimage. 
 
La problématique et les pathologies dues aux termites ont été très longtemps largement occultées à La Réunion, cela en raison de différents causes spécifiques au contexte local, notament :
 
- L'appellation « caria » des termites, a longtemps entrainée une confusion certaine dans l'identification des pathologies.
- L'action périodique des cyclones à qui sont entièrement attribués les ruptures d'ouvrages ou d'arbres dégradés et fragilisés préalablement par l'action des termites, occulte ainsi le rôle destructifs de ces insectes.
- Les premiers inventaires et les premières identifications des termites de la Réunion sont très récents et datent de 1996.
- Les à priori que qu'il n'existe aucune pathologie pour les constructions bétons récentes.
 
La prise de conscience actuelle du problème est due en partie par l'augmentation de l'urbanisation et le développement des infestations dans les lotissements récents sur lesquels aucune mesure préventive n'avait été prévue. Pour ces constructions récentes (murs bétons et blocs américains, charpentes mettaliques...) il n'existe pas de risque de rupture d'ouvrage mais l'on constate de nombreuses pathologies dues à la présence des termites :
- destruction des plinthes, bâtis/montants portes et fenêtres ; faux-plafond, parquets, lambris et menuiseries intérieures...
- dégradation des meubles ou de tout objet stocké à contenance cellulosique (archives, livres, cartons, emballages...).
- dégradations de matériaux modernes (plaques de plâtre, panneaux de particules, mousse isolante, polystyrène, PVC...)
- Infestation des gaines de cablage avec dans certains cas destabilisation des réseaux electriques.
Etc.
 
Ces pathologies sont constatées tant au niveau des particulier qu'au niveau collectif (écoles, lycées, collèges...). Par ailleurs on constate une recrudescence des attaques sur les espaces verts et jardin allant jusqu'à la rupture et chute d'arbres (cf. Araucaria du Jardin de l'Etat le 07/01/1999). De même au niveau collectif on constate des dégradations sur de nombreux poteaux d'alimentation (EDF, Télécom).
 
La problématique des termites à La Réunion est donc très complexe et passe par une importante sensibilisation pour éviter les infestations.