15 mars 2022, Francis Kéré, 57 ans, devient le premier architecte d’origine africaine à recevoir le prestigieux prix Pritzker d’architecture pour son travail remarquable, notamment dans la zone tropicale.

Récompense internationale décernée chaque année, le prix Pritzker permet de mettre à l’honneur l’œuvre complète d’un architecte pour sa contribution dans ce domaine. Marquant sa 51ème édition, c’est le 15 mars dernier que Francis Diébédo Kéré a été désigné lauréat, devenant ainsi le premier architecte d’origine africaine à obtenir cette distinction. Originaire du Burkina Faso et formé à l’Université de Berlin en Allemagne, il partage aujourd’hui son activité entre les deux pays.

Militant du développement durable, il met un point d’honneur à construire avec des matériaux locaux et se réapproprie les techniques traditionnelles dans une démarche inventive d’adaptation au contexte, ce qui fait de lui un précurseur de l’architecture responsable.

Il lance son premier projet en 1998, la construction de l’école de Gando, réalisé en 2001 avec la participation des habitants du village depuis la phase de conception jusqu’à la construction de l’œuvre. La transmission des savoir-faire, notamment sur le chantier, constitue l’un des axes majeurs de sa pratique. Avec sa structure en brique, son épaisse couche de terre pour l’isolation et plusieurs ouvertures destinées à faire circuler l’air dans les salles de classe, ce bâtiment permet de se passer de la climatisation dans une région où les températures frôlent les 40°C. Le design de l’école lui vaut le prix Aga Khan d’architecture en 2004.

Cette approche écologique de la construction, encore peu répandue en Afrique, est cependant encouragée par les gouvernements pour proposer de nouveaux bâtiments adaptés au climat du continent par le biais de l’utilisation de matériaux locaux et d’une attention particulière au confort thermique et à la régulation de l’humidité.

En s’inspirant des pratiques vernaculaires de son pays d’origine et grâce à ses connaissances en architecture bioclimatique, Francis Kéré affranchie l’architecture des logiques économiques globalisées pour mieux l’ancrer dans son environnement et produire des lieux de vie plus adaptés.

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